Balade érotique aux musées du Louvre et d’Orsay…

Posté le 17 juillet 2008

Visiter le Louvre et Orsay autrement, en vous attardant sur le côté fripon des collections ? Suivez Jean-Manuel Traimond, qui propose un guide érotique de ces deux musées parisiens…

Guide-interprète aux musées du Louvre et d’Orsay, Jean-Manuel Traimond propose aux touristes des visites à thème pudiquement incorrectes : ” J’organise des visites depuis dix-huit ans et l’aspect érotique est devenu de plus en plus évident… ” Ecrivain, il a publié le Guide érotique du Louvre et du musée d’Orsay aux éditions la Musardine*. Interviewé, il nous parle de trois œuvres qui lui tiennent à cœur…

L’hermaphrodite endormi, au musée du Louvre

La statue ? Une très jeune fille avec des fesses magnifiques d’un côté… et un phallus de l’autre ! Petit rappel de la mythologie grecque : Hermaphrodite, enfant de deux Dieux, Hermès et Aphrodite, est tellement beau qu’il en devient vaniteux. Et décline les avances sexuelles des nymphes qu’il ne trouve pas assez belles pour lui. Jusqu’à ce qu’une lui tende un piège… Alors qu’il fait très chaud, la nymphe Salmacis lui propose de se baigner dans le lac de Carie… qui lui appartient. Et qui paralyse les quatre membres du bel adolescent. Je ne vais pas vous faire un dessin, mais il en reste un, dont elle se sert avec allégresse ! Avant de supplier son père, Poséidon, de les unir pour toujours. Le vœu est exaucé, et tous deux ne forme plus qu’un être asexué, à la fois mâle et femelle !

L’origine du monde, de Courbet, au musée d’Orsay

L’œuvre a été décrite par le célèbre critique Maxime Du Camp, en visite chez son propriétaire, comme le portrait d’une femme nue dans lequel on aurait oublié la tête, les épaules, les bras, les jambes, les chevilles… On devine bien ce qu’il reste ! Pour la petite histoire, Courbet était furieux du scandale autour de Manet et de son Olympia : le peintre choquant, c’était lui et pas ce bourgeois ! L’origine du monde lui a été commandée par Khalil-Bey, l’ambassadeur de Turquie à Paris, collectionneur d’art et érotomane. Il ne pouvait montrer cette œuvre provocante que dans sa salle de bains, derrière un rideau vert, couleur, ô blasphème, sacrée des musulmans ! Quelques années après, le tableau s’est retrouvé chez Jacques Lacan. Qui le cachait derrière un panneau peint par André Masson. A sa mort, sa femme l’a donné à l’Etat. Et il a atterri à Orsay, où le ministre de la Culture Philippe Douste-Blazy l’a accueilli. Il a veillé à ne jamais se placer à moins de 30 mètres du tableau pour ne pas se faire prendre en photo avec. (Il faut dire qu’il était aussi maire de Lourdes).

Le verrou, de Fragonard, au musée du Louvre

Cette œuvre libertine représente un jeune homme qui ferme un verrou, pour faire l’amour avec une jeune femme… qui prétend le rouvrir. Si on observe la chambre derrière, on aperçoit des détails un peu plus obscènes. Les deux oreillers sont en fait des seins, le grand rideau rouge au-dessus du lit, une vulve avec les grandes lèvres, et le drap, un phallus. Ce genre de calembour visuel était très fréquent à l’époque : les clients, les grands nobles, sauvaient les apparences… et s’amusaient de cette plaisanterie entre initiés.

Guide érotique du Louvre et du musée d’Orsay, aux éditions la Musardine, 2008, 14,90 euros.

Propos recueillis par Florence Martin

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